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Forêts

Fosse Arthour (Manche). Photothèque Joël Douillet.
Le dernier livre de Michel Onfray : Le Recours aux forêts.
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain : les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes — envie, jalousie, haine, ressentiment, le triomphe de l'injustice, le règne de la critique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre…
Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel : le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.

Le Recours aux forêts : La tentation de Démocrite
Michel Onfray
Galilée (septembre 2009).

Forêts : essai sur l'imaginaire occidental
Robert Harrison
Flammarion (novembre 1992).
La forêt, espace sauvage pour penser l’Occident

Walden ou La vie dans les bois
Walden or life in the woods
Henry David Thoreau
Gallimard, Collection L’Imaginaire
J'ai la nostalgie d'une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes… une route qui conduise aux confins de la terre… où l'esprit est libre…
La vraie moisson de ma vie quotidienne est en un sens aussi intangible et indescriptible que les nuances du matin et du soir. C'est un peu de poussière d'étoile qui a été saisi, un segment de l'arc en ciel que j'ai pu accrocher au passage.




















